Les évasions les plus spectaculaires en France

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Albert Spaggiari

En juillet 1976, après trois mois à creuser des tunnels, « le gang des égoutiers » vole 29 millions d’euros dans la salle des coffres de la Société générale de Nice. Longtemps considéré comme le cerveau du « casse du siècle », Albert Spaggiari, est incarcéré.

Le 10 mars 1977, alors qu’il se trouve dans le bureau d’un juge au premier étage du Palais de justice à Nice pour une audition, il se lève, prétextant rajouter des détails à un croquis des égouts… et se jette par la fenêtre. Il tombe sur le toit d’une voiture et fuit à moto avec un complice.

Il passera les douze années suivantes en cavale en Amérique du Sud, transformé par la chirurgie esthétique. Il meurt en Italie le 8 juin 1989 sans jamais avoir été rattrapé.

Nadine Vaujour

Le 26 mai 1986, Nadine Vaujour emprunte un hélicoptère à l’aéroport de Saint-Cyr-l’École. La jeune femme a pris des leçons de pilotage pour libérer son mari, Michel, qui est incarcéré à la prison de la Santé.

Une fois l’hélicoptère placé en vol stationnaire au-dessus de la cour de l’établissement – en plein cœur de Paris – elle lance à son braqueur de mari une canne à pêche munie d’un crochet et une arme, puis l’hélitreuille. Ils s’échappent avec succès et se réfugient dans la Drôme.

Leur cavale tourne au drame quatre mois plus tard : lors d’un braquage, Michel Vaujour prend une balle dans la tête, devient hémiplégique et retourne derrière les barreaux. Sa femme, elle aussi arrêtée, est condamnée à 18 mois de prison. L’enfant qu’elle attendait naît en prison, et les deux amants maudits se séparent quelques mois plus tard.

Cette évasion hardie a fait de Nadine Vaujour une héroïne romantique. Son histoire inspire le film « La fille de l’air » (1992), dans lequel son rôle est interprété par Béatrice Dalle.

Francis Mariani, Pierre-Marie Santucci et Maurice Costa

Le 31 mai 2001 à 17h04, la prison de Borgo reçoit un fax officiel du juge des libertés d’Ajaccio. Dans sa missive, ce dernier mandate le directeur de la maison d’arrêt de Haute-Corse de signer une ordonnance de levée d’écrou de trois hommes fichés au grand banditisme, Francis Mariani, Pierre-Marie Santucci et Maurice Costa.

À 17 h 30, les escrocs sortent par la grande porte. La cavale ne sera découverte que cinq jours plus tard : le juge des libertés était en réalité en congé maladie depuis des semaines et les levées d’écrou étaient des fausses. Les trois bandits n’ont jamais été rattrapés, mais sont tous morts dans des règlements de compte depuis.

Antonio Ferrara

Antonio Ferrara, fiché au grand banditisme, est le roi de la belle. Le 12 mars 2003, alors qu’il est incarcéré depuis 8 mois à Fresnes (Val-de-Marne)il est délivré par un commando d’une dizaine d’hommes déguisés en policiers.

Ces derniers attaquent l’établissement à l’arme lourde. Explosifs, fusils d’assaut AK-47 et lance-roquettes viennent à bout, en 17 minutes, de la porte centrale, de deux portes blindées et des grilles du mitard, où s’est volontairement fait enfermer Ferrara. Quatre mois plus tard, le bandit est interpellé en plein cœur de Paris puis condamné à 17 ans de réclusion criminelle..

Il s’était déjà évadé le 7 août 1998 de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).

Jean-Pierre Treiber

Le meurtrier présumé Jean-Pierre Treiber a réussi à s’enfuir en 2009 alors qu’il travaillait dans un atelier de la prison d’Auxerre (Yonne). Il y remplissait des cartons de fournitures scolaires ou de bureau et s’est caché dans le chargement d’un camion.

Apparemment, Jean-Pierre Treiber avait ‘fabriqué’ lui-même le carton dans lequel il s’est caché et s’est glissé à l’intérieur alors qu’il était posé sur une palette. Jean-Pierre Treiber a été arrêté après plusieurs mois de cavale et s’est suicidé en 2010.