Ces héroïnes qui ont marqué l’histoire du féminisme

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Depuis des siècles, nombre de femmes militent pour que leurs semblables aient des droits. Même s’il y a encore beaucoup de choses à améliorer, nous devons à nos ancêtres un respect profond pour ce qu’elles ont accompli. Voici quelques figures historiques qui nous inspirent.

Lydia Becker

Lydia Becker, féministe du 19e siècle, affirme à l’époque, grâce à sa position de scientifique spécialisée en biologie et astronomie, qu’il n’y a pas de différence d’intelligence d’ordre biologique entre les femmes et les hommes.

Elle milite alors pour un système éducatif mixte. En 1980, elle rejoint le mouvement pour le droit de vote des femmes et créée le Manchester Women’s Suffrage Committee.

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir est une référence philosophique. Après avoir étudié les lettres et les mathématiques, elle se lance dans la philosophie. Devenue ensuite enseignante, elle s’oppose au mariage et se lance sur des pistes de réflexion concernant la liberté et l’autonomie des individus, dont celles des femmes.

Dans son célèbre ouvrage, « Le Deuxième Sexe« , publié en 1949, Simone crée la polémique en parlant de la condition féminine, les situations de domination de la femme et l’avortement, considéré comme crime à l’époque. Selon elle, le rapport entre les deux sexes est une construction sociale. La féministe marque le combat pour les femmes des années 1970.

Lü Bicheng

Lü Bicheng est née en 1883. Elle devient la première rédactrice en chef d’un journal dans son pays d’origine, la Chine, à l’âge de 21 ans. Elle est également poète et féministe engagée. La Chine, au 20e siècle, est marquée par le manque d’écoles pour filles.

Lü s’engage donc à ouvrir et diriger une école pour filles et c’est en 1904 que son projet aboutit. Selon elle, le changement de mentalité passe par l’éducation. Grâce à son dévouement, plusieurs de ses étudiantes sont devenues des révolutionnaires, des éducatrices engagées et aussi des artistes.

Clara Zetkin

La Journée internationale des femmes, on la doit à elle. Clara Zetkin fonde en 1890 la revue « Die Gleichheit » qui veut tout simplement dire, l’égalité. Clara est celle qui donnera vie aux conférences de Stuttgart et de Copenhague. Lors de cette dernière, en 1910, celle-ci propose d’organiser une « Journée internationale des femmes » afin de militer pour le droit de vote des femmes.

Lors de cette conférence, des femmes sont venues de 17 pays différents. C’est en 1918 que les femmes obtiennent le droit de vote en Allemagne. Malheureusement, en 1915, Clara Zetkin doit faire face à un emprisonnement dû à ses convictions pacifistes. La féministe engagée revendique des couples où les partenaires doivent être égaux en droits, tout en étant favorable au divorce et que les deux sexes doivent prendre part de façon égale aux tâches ménagères.

Frida Kahlo

Frida Kahlo était une célèbre artiste peintre mexicaine et une féministe engagée. Née en 1907, elle prétend être née en 1910, l’année du début de la révolution mexicaine. En 1928, Frida rejoint le Parti communiste en se qualifiant de « fille de la révolution ». L’artiste s’est battue pendant de longues années pour les femmes les plus démunies. La situation sociale du pays à l’époque, marque son influence dans les œuvres de Frida. Plus tard, le Mexique revient à une distinction des genres identitaires, ce qui est un coup dur pour les femmes qui avaient apporté leur aide pendant la révolution.

Frida Kahlo traduit, à travers ses peintures, son refus de soumission. Elle y aborde également des sujets de société comme la sexualité, l’avortement, la fécondité et les souffrances physiques et psychiques. La cause des femmes tient à cœur à l’artiste. En effet, elle défend avec provocation et sans relâche « cette masse silencieuse et soumise« . Elle ira jusqu’à poser sur les photos de famille en portant des tenues traditionnelles réservées aux hommes. Sur une des peintures de son mari, Diego Rivera, elle posera en fumant et en buvant sans modération. Frida Kahlo a voué sa vie à ses convictions.

Simone Veil

78651, ou le numéro gravé à jamais dans la peau de Simone Veil à son arrivée dans le camp d’Auschwitz. Lors de la fin de la guerre, Simone Veil rentre en France. À son arrivée, elle entame des études de Sciences politiques. Au terme de ses études, Simone fait le choix de travailler, chose encore assez rare pour une femme de l’époque. Elle devient magistrate et milite pour les conditions de vie des prisonniers. En 1974, le Président Jacques Chirac la nomme ministre de la Santé. Elle constate, lors de son mandat, que l’avortement est tabou en France. Les femmes n’avaient pas le choix que de garder leur enfant ou d’aller se faire avorter en cachette, dans des conditions déplorables et dangereuses. Simone se bat alors pour que les femmes puissent avoir le droit de choisir si elles veulent, ou non, garder leur enfant.

C’est en novembre 1975 que le droit à l’avortement deviendra la loi Veil. Simone déclare : « Aucune femme ne recourt de gaité de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les  femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame ». Présidente du Parlement européen en 1979, Simone Veil devient première femme à occuper un tel poste. Plus tard, elle devient ministre, occupe un poste à responsabilités au sein du Conseil constitutionnel, est à la présidence de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et à l’Académie française. Simone Veil est une figure emblématique de la France, mais surtout des femmes françaises et européennes.